Le récit de Saba - mosquée ennour d'elbeuf

Aller au contenu

Menu principal :

Le récit de Saba

Apprenons Ensemble > Les histoires incroyables et leurs leçons de morales




Saba’ fils de Yachjoub était un arabe musulman et généreux. Il a vécu entre l’époque de Idris et celle de Nouh. On appelle cette période la première jahiliyyah. Saba’ était généreux avec les gens, il faisait de nombreuses donations et ne faisait pas preuve d’avarice. Il est dit qu’il fut le premier à porter une couronne. Il avait composé une poésie qui annonçait la bonne nouvelle de l’apparition et de la venue du messager de Allah notre maître Mouhammad, dont voici un extrait :


Gouvernera d’une éminente souveraineté

Un prophète qui n’autorisera pas l’interdit

Son nom est Ahmad ; puissé-je vivre jusqu’après l’avènement de sa prophétie d’une année

Je l’appuierai alors et serai un partisan de sa victoire

En mettant à son service tous mes soldats et tous mes archers

Soyez ses partisans quand il apparaîtra

Et celui qui le rencontrera qu’il lui passe mon salam

Il a eu dix enfants qui se sont dispersés. Six ont pris la direction du Yémen et l’ont bâti et quatre sont partis au pays du Cham et ont eu là-bas beaucoup d’enfants. Parmi ceux qui étaient au Yémen, il y avait les Tababi^ah –le singulier est Toubba" qui furent les rois du Yémen. Ils portaient des couronnes lorsqu’ils gouvernaient. Ils vivaient dans une grande aisance. Ils possédaient des vivres, des fruits et des moissons en abondance. Cependant, leurs vallées étaient arides et totalement dépourvues de cours d’eau. Ils furent alors dans la nécessité de récupérer l’eau qui s’écoulait lorsque la pluie tombait à certaines périodes, pour en tirer profit. Allah leur a alors inspiré de construire des barrages en travers des vallées pour profiter de l’eau qui resterait en retenue. Le barrage de Ma’rab était le plus solide, le plus massif et le plus profitable. Le premier à avoir lancé sa construction fut un Toubba^. Soixante-dix vallées y déversaient leurs eaux. Ce Toubba"  décéda avant de l’avoir terminé et ce sont d’autres rois qui l’ont achevé après lui.

Or ce fut la reine Bilqis qui fut la dernière à le terminer ; la fin des travaux eut lieu avant qu’elle ne rencontre Soulayman "alayhi s-salam. Au sujet de l’achèvement de ce barrage, il est dit que lorsque Bilqis accéda au pouvoir, son peuple s’entre-tuait pour contrôler l’eau de ces vallées. En effet, le barrage n’était pas encore complètement construit à ce moment-là. Elle délaissa alors le pouvoir et se cloîtra dans son palais. Les gens lui demandèrent de revenir mais elle refusa. Ils la menacèrent en disant : « Soit tu reviens, soit nous te tuons ». Elle leur dit : « Vous êtes insensés ! Vous ne m’obéissez pas ! ». Ils lui répondirent : « Nous t’obéirons ». Elle revint alors dans leurs vallées et entreprit de terminer le barrage. Elle fit amener des blocs de roche et du goudron et fit construire le barrage entre deux immenses montagnes. Elle lui fit trois vannes l’une au dessus de l’autre en-dessous desquelles s’étendait un immense réservoir possédant douze ouvertures, chacune donnait sur un canal qu’ils pouvaient ouvrir lorsqu’ils avaient besoin d’eau. Lorsqu’ils n’en avaient pas besoin, ils refermaient l’ouverture. Lorsqu’ils avaient donc une pluie, toute l’eau des pluies des vallées du Yémen se réunissait chez eux et se retrouvait retenue derrière l’immense barrage.


Lorsqu’un besoin se faisait urgent, elle donnait l’ordre et on ouvrait la vanne supérieure du barrage ; l’eau se déversait alors dans le réservoir et on irriguait ainsi avec cette eau. Ensuite, ils ouvraient la deuxième vanne intermédiaire puis la troisième vanne. L’eau ne s’épuisait qu’à la venue des pluies de l’année suivante. Elle répartissait ainsi l’eau de pluie entre les gens. Les terres arides du désert devinrent des jardins architecturaux et verdoyants entre lesquels se faufilaient les canaux d’irrigation. Dans leurs buissons, les oiseaux s’égosillaient, leurs vergers étaient remplis de fruits et les fleurs étaient de toutes les couleurs.


Leurs terres étaient fertiles et généreuses. L’air était tellement pur que leurs jardins ne virent jamais d’insectes, de mouches de poux ou de tics, de scorpions ou de vipères ni aucun autre animal nuisible. Leurs bêtes ne s’épuisaient pas. Lorsqu’une caravane arrivait chez eux et qu’ils avaient sur leurs vêtements ou sur leurs bêtes des poux –des insectes dégageant une mauvaise odeur– ou d’autres sortes d’insectes et qu’ils parvenaient à ces jardins qui étaient nets, ces insectes mourraient dans l’heure qui suivait. Les arbres fruitiers étaient tellement abondants en fruits qu’il suffisait aux femmes accompagnées de leur enfant de mettre une corbeille en osier sur leur tête et de marcher parmi les arbres fruitiers tout en ne s’occupant que de leur enfant, pour ne rentrer chez elles que lorsque le panier était empli des fruits de toutes sortes sans même les avoir pris à la main.



En plus de tout ce bien dont ils avaient le privilège, Allah a fait qu’ils puissent mettre en valeur toutes les contrées avoisinantes. Ils les ont urbanisées. Les villes étaient si proches les unes des autres qu’un voyageur de Ma’rab vers le Cham passait la nuit dans une ville et se reposait dans une autre sans avoir besoin de faire des provisions pour atteindre sa destination, assuré de ne rencontrer ni ennemi, ni faim, ni soif ni aucune des nuisances qui peuvent arriver à un voyageur. Le nombre de ces villages liés les uns aux autres était évalué à quatre mille sept cents, Allah les avait tous pourvus de quantité d’arbres, de fruits et de cours d’eau. Le village suivant se voyait du village précédent tant ils étaient proches.



Lorsque la période d’aisance se prolongea, ils ne patientèrent pas face à ce bien être dont ils jouissaient et ils se mirent à espérer faire de longs voyages. Ils dirent : « Si nos fruits étaient vendus plus loin, les gens en auraient encore plus envie et leur valeur serait plus importante. Ils souhaitèrent alors que Allah fasse qu’il y ait entre eux et le Cham un désert très vaste pour qu’ils puissent monter les chameaux chargés et faire des provisions comme les autres peuples. Il arriva que se propage alors l’orgueil, l’oppression et la mécréance en Allah puisque quelque chose avait commencé : l’adoration du soleil. Allah leur envoya treize prophètes. Ils les appelèrent à croire en l’unicité de Allah et à délaisser la mécréance. Ils leurs rappelèrent les bienfaits de Allah et les avertirent contre Son châtiment. Mais les gens les démentirent et dirent, que Allah nous préserve de tels propos : (Nous ne reconnaissons aucun bienfait de la part de Allah, dites à votre Seigneur qu’Il nous prive de ces bienfaits s’Il en est capable).



C’est à cette époque qu’eut lieu l’histoire de la rencontre entre notre Maître Soulayman et la reine de Saba’ Bilqis. Il l’avait appelée à entrer en Islam et elle était entrée en Islam elle et son peuple. Des années après pourtant, la mécréance avait réapparu. Il y eut entre autres faits ce qui était arrivé à un homme appelé Himar. Il avait un enfant qui décéda. Il se rebella alors contre Allah, cracha et dit : (Je n’adore pas un Seigneur Qui a tué mon enfant). Il avait commis ainsi une mécréance des plus abominables. Après quoi, plus personne ne passait dans ses terres sans qu’il l’appelle à la mécréance. Soit les gens le suivaient, sinon il les assassinait. Allah a fait descendre sur lui une foudre qui le brûla et dévasta sa vallée au point qu’elle devint un repaire pour les jinn. Quant à son peuple, il persista dans la mécréance et ne prêta aucune considération à l’appel des prophètes qui les avaient conseillés ; ils augmentèrent en objection et ne réagirent aux conseils qu’en mettant leurs doigts dans leurs oreilles, en faisant preuve d’orgueil et ne s’occupant que de travail et de construction de maisons. Allah a voulu les châtier pour leurs mauvais actes et leur montrer les conséquences de leur mécréance, pour qu’ils soient une leçon pour les autres et pour montrer ce qui peut arriver à qui ferait comme eux.



Allah leur a fait subir un petit animal appelé « khould », la taupe. Il ne voit pas mais il a des dents et des griffes très acérées. Des milliers de cette bête se rassemblèrent et commencèrent à creuser sous les fondations du barrage un réseau de galeries continues alors que derrière le barrage, il y avait d’énormes quantités d’eau. Quelques heures s’étaient à peine écoulées que l’eau jaillissait déjà en torrents dévastateurs et détruisait tout sur son passage, noyant les gens dans leurs habitations et en les détruisant, entraînant avec elle des tonnes de terre et de roches. C’est ainsi qu’eut lieu le châtiment de Allah.



Le barrage fut détruit et n’arrêta plus les flots de l’eau qui s’écoulait ni les vagues qui déferlaient. L’eau inonda les jardins et la vallée redevint un désert comme elle était auparavant, ne portant de végétation que des arbres qui ne donnent que de mauvais fruits amers et dépourvus de profit. Les oiseaux et les canaris quittèrent les lieux, laissant la place aux chouettes qui vinrent hululer au-dessus des ruines et aux corbeaux croassant sur les buissons secs. Quant aux gens qui en réchappèrent, ils ne purent patienter en résidant dans ce désert alors qu’il était auparavant jardins verdoyants. Ils quittèrent alors les lieux le cœur pleurant des larmes de sang. Ils se dispersèrent vers différentes régions et leur histoire passa en récits qui se sont propagés et que les gens se sont racontés les uns aux autres. Auparavant ils vivaient en effet dans un grand bien mais ils ne l’ont pas préservé et Allah les a rétribués pour leur mécréance.

 
 
Retourner au contenu | Retourner au menu